La première fois que je me suis décidé à passer mon permis, c’était en 1999. Je travaillais 3 jours par semaine sur « Exclusif ». Les bureaux étaient situés dans le 17ème
arrondissement, du côté du boulevard Perreire. Et tous les jours, sur le trajet entre le métro et le bureau, je passais devant une auto-école. Un beau matin, sur une impulsion du domaine de
l’inexplicable, je pousse sa porte et, en moins de dix minutes me trouve officiellement candidat au permis de conduire. Le lieu est idéal, et les horaires du code aussi… Je m’en souviens, c’était
un jeudi de septembre et j’étais assez fier d’avoir pris une décision qui allait grandement me simplifier la vie. Il faut dire que jusque là je n’avais jamais eu la moindre envie, et encore moins
le besoin, de passer mon permis. J’habite à moins de 10mn à pied de la gare RER, d’où le centre de Paris est accessible en 20 minutes… alors pourquoi s’emmerder, je vous le demande ?
Le lundi suivant, je me pointe à 9h pétantes pour ma première leçon de code. Un petit panneau accroché à la poignée de la porte m’accueille. Il m’informe que « pour cause de travaux,
l’auto-école est fermée pour deux semaines ».
Moins de dix jours plus tard, je reçois une grande enveloppe. A l’intérieur, une lettre annonçant la fermeture définitive de l’établissement, ainsi qu’un chèque de remboursement et mon dossier.
Déçu mais pas abattu, je me rends dès le lendemain quelques dizaines de mètres plus loin, sur l’avenue des ternes, où se trouve une autre auto-école. Et là c’est la douche froide : on
m’explique que, ayant déjà un dossier ouvert à mon nom en préfecture, je ne peux me réinscrire. Le seul moyen serait de trouver une auto-école acceptant la reprise de mon dossier… Le hic, c’est
qu’aucune n’est prête à le faire, pour des raisons assez obscures. En gros je comprendrai qu’à l’inscription d’un élève, l’établissement se voit accordée une place de présentation à l’examen, et
que par conséquent s’il acceptait une reprise de dossier il se retrouverait avec plus d’élèves que de places disponibles pour l’examen final.
Je tenterai bien de plaider ma cause auprès de la préfecture, mais sans résultat. Le dossier ne peut être annulé, et est valable 6 ans. Autant dire que pour passer le permis à Paris, c’est
râpé !
Il me reste bien sûr la possibilité de m’inscrire dans une auto-école près de chez moi, dans le 91. J’ai tout à fait le droit d’ouvrir plusieurs dossiers dans des départements différents. Mais la
motivation s’est évaporée aussi vite qu’elle était apparue, et par conséquent je décidais de laisser tomber.
Quelques années plus tard, j’ai déménagé 3km plus loin et me suis installé avec Katy. Un jour, et alors que j’avais totalement zappée l’idée de passer mon permis, une auto-école s’ouvre juste en
face de chez nous. Si ça, ce n’est pas l’occasion ou jamais ! Ni une ni deux je m’inscris et commence dans la foulée les leçons de code. Deux semaines plus tard, je trouve porte close.
Et elle le restera définitivement, le gérant étant parti avec la caisse sous le bras.
Ces deux mésaventures m'ont poussé à en rester là, mais en juin dernier, deux évènements vont coïncider, me propulsant en moins de temps qu'il ne faut pour le dire sur la route de l'obtention du
permis : la décision de nous en aller faire les marioles, quatre mois durant, sur les routes d'Amérique du nord, et l'ouverture d'une auto-école à la place de l'ancienne (après un intermède
Kebab).
Je prends cette fois mes précautions et appelle la préfecture afin d'avoir un maximum d'informations sur cet établissement AVANT inscription. Je suis rassuré de savoir qu'il s'agit d'une
succursale ouverte par une auto-école d'une ville voisine, existant depuis de nombreuses années et présentant toutes les garanties nécessaires.
Puis c'est le parcours classique et sans le moindre accroc (ça change) : leçons de code, passage de l'examen du code, leçons de conduite, et finalement l'examen, passé cette semaine les doigts
dans le nez... dix ans après ma première décision de passer mon permis.
Mieux vaut tard que jamais, dit-on, je me suis attaché à respecter au mieux l'adage.
A moi les grandes étendues américaines et canadiennes, à bord de notre future Introlmobile !